Une soirée crêpes après une journée dans les marais de Guérande

Une soirée crêpes après une journée dans les marais de Guérande

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Une soirée crêpes après une journée dans les marais de Guérande

On rentre de balade avec du sel plein les chaussures et des enfants qui réclament à manger tout de suite. La Chandeleur tombe souvent en plein week-end de février, quand la presqu’île est vide et que le vent pique. C’est exactement le moment que je préfère pour transformer la cuisine en atelier familial.

Pour ne pas improviser la pâte à la dernière minute, je garde sous le coude l’article autabliersucre.fr sur l’organisation d’une soirée crêpes réussie. Tout y est pensé pour une tablée avec des petits : le repos de la pâte, l’ordre des garnitures, la gestion des tours de billig. J’ai testé leur déroulé un samedi de février, juste après une sortie vélo du côté de Careil.

Le sel de Guérande dans la pâte ? Fausse bonne idée

J’ai voulu jouer local la première fois. Une pincée de gros sel gris dans la pâte, récupérée chez un paludier des salants de Guérande, et le résultat était… franchement bof. Le sel gris, humide, ne se dissout pas dans le lait froid et laisse des grains croquants désagréables. On garde le gros sel pour le beurre demi-sel et les pommes de terre, pas pour les crêpes.

Pour une pâte sucrée, une pincée de sel fin suffit.

Ceci dit, le détour par les marais reste un excellent prétexte. Les enfants voient les tas de sel, comprennent d’où vient ce qu’ils mangent, et posent des questions pendant tout le trajet retour.

Ce qu’on rapporte de la presqu’île

Une journée type avant la Chandeleur ressemble à ça : départ vers dix heures par la porte Saint-Michel, remparts, puis descente vers les marais salants par les petits chemins. Comptez deux heures de marche tranquille ou une heure et demie à vélo avec des enfants de six à dix ans. On s’arrête chez un paludier, on achète un pot de fleur de sel, parfois un caramel au beurre salé.

Le beurre, justement, parlons-en. Le beurre demi-sel breton, dans une crêpe, ça change tout. Mais il faut le sortir du frigo une heure avant de commencer, sinon il déchire la pâte chaude et laisse des trous.

Autre détail qui compte : la poêle. Une vraie billig en fonte, ça coûte un bras et ça pèse trois kilos. Une poêle antiadhésive de 28 cm fait le travail pour une famille de quatre, à condition de ne jamais la laver au savon et de la graisser entre deux séries.

Le déroulé que je conseille

Préparez la pâte le matin, avant le départ pour la balade. Farine, œufs, lait, une pincée de sel fin, un peu de beurre fondu. Elle repose deux à trois heures au frais, ce qui tombe parfaitement entre le petit-déjeuner et le retour. Pas besoin de la sortir avant cuisson.

  • Un adulte tient la poêle, un autre gère les garnitures. Les enfants décorent, pas de cuisson pour eux.
  • Prévoyez deux poêles en parallèle si vous êtes plus de cinq à table. C’est le seul vrai gain de temps.
  • Sortez les garnitures avant de commencer : sucre, citron, pâte à tartiner, bananes coupées, un pot de caramel au beurre salé rapporté du Croisic.
  • Un saladier pour les coquilles d’œufs, une serviette humide pour les doigts collants.

Je préfère largement la version salée en entrée, avec une galette complète, puis les sucrées derrière. Le passage du salé au sucré coupe la monotonie et les enfants tiennent plus longtemps à table. Mon fils de huit ans a mangé quatre crêpes l’an dernier. Quatre. Il dormait debout à vingt et une heures.

Et si on en fait trop ?

Les crêpes se congèlent très bien, intercalées avec du papier cuisson. Une trentaine de crêpes préparées un dimanche matin, c’est deux semaines de goûters réglés. Je les sors une par une, dix secondes au micro-ondes, un peu de sucre, et c’est fait.

L’autre option, plus sociale : prévoir une deuxième soirée quelques jours plus tard et inviter les voisins. Les crêpes, en réalité, sont un prétexte pour faire durer l’après-fête.

Février à Guérande, les marais sont gris-vert, le sel sèche mal, les restaurants de la cité médiévale tournent au ralenti. C’est le meilleur moment pour venir. Le soir, on rentre avec les joues rouges, on allume la cuisine, et on attaque la pâte qui a reposé toute la journée.