- La plage d’Escampo-Barriou, aussi appelée plage du Pontillon, est une crique sauvage d’environ 30 mètres au sud-ouest de la presqu’île de Giens, à Hyères (Var).
- On ne l’atteint qu’à pied, par le sentier du littoral, en partant de la plage des Darboussières et en longeant la côte vers la droite.
- Galets bruns, pinède en surplomb, eau très claire, aucun service ni surveillance : chaussures aquatiques, eau et repas sont à prévoir.
Vous cherchez la plage d’Escampo-Barriou et vous voulez savoir si elle mérite la marche ? En bref : c’est l’une des criques les plus préservées de Giens, justement parce qu’aucune route n’y descend. Il faut se garer côté Darboussières, prendre le sentier du littoral en direction de l’ouest et accepter un parcours un peu sportif. En échange, vous trouvez une petite anse de galets cernée de pins, une eau transparente et la silhouette de Porquerolles au large. Ce guide détaille l’itinéraire, les conditions de baignade, les chiffres utiles en 2026 et les erreurs qui transforment une belle sortie en après-midi pénible.
Où se situe la plage d’Escampo-Barriou sur la presqu’île de Giens
La presqu’île de Giens forme la pointe sud de Hyères, reliée au continent par deux cordons de sable qui encadrent les salins. Sa partie rocheuse, au bout, est découpée en criques. La plage d’Escampo-Barriou occupe le flanc sud-ouest, juste avant la pointe de l’Escampobariou, qui marque l’extrémité occidentale de la presqu’île. Ses coordonnées approximatives sont 43,031° N et 6,103° E.
Le nom prête souvent à confusion. Les cartes et les sites touristiques écrivent tour à tour Escampobariou, Escampo-Barriou ou Escampo Bariou, et beaucoup de marcheurs parlent simplement de la plage du Pontillon. Il s’agit bien du même lieu. Selon les offices de tourisme de la région, le toponyme provençal évoquerait des tonneaux « échappés », souvenir supposé d’anciens naufrages ou de cargaisons perdues sur ces rochers.
Rejoindre la plage du Pontillon à pied, étape par étape
Le point de départ logique est la plage des Darboussières, au bout du chemin de la Table Ronde, à proximité du petit port de la Madrague de Giens. Voici le déroulé le plus courant :
- Stationner sur le parking des Darboussières ou, s’il est complet, du côté de la Madrague. En juillet et en août, les places partent tôt le matin.
- Descendre à la plage des Darboussières par le chemin caillouteux qui part du parking, après le portail.
- Prendre le sentier du littoral à droite lorsque l’on fait face à la mer. Un escalier assez raide permet de quitter la plage par son extrémité.
- Suivre le balisage jaune du sentier côtier en restant attentif aux bifurcations qui descendent vers les criques.
- Descendre vers la crique du Pontillon, nichée sous la pinède, avant la pointe.
Sans voiture, les lignes de bus 67 et 68 desservent Giens depuis le centre de Hyères. C’est une option intéressante en plein été, quand le stationnement devient un casse-tête. Vérifiez simplement les horaires du retour avant de partir, car le dernier passage tombe parfois plus tôt que prévu hors saison.
Pour qui veut prolonger, le même sentier poursuit au-delà de la crique et rejoint le port de la Madrague en passant par la calanque du Tamarin et la pointe de l’Ermitage. Cette boucle côtière demande environ trois heures et vous met régulièrement les pieds dans l’eau : prévoyez des chaussures qui supportent l’humidité.
Galets, pinède et eau claire : à quoi ressemble la crique
N’imaginez pas une grande plage de sable. Le Pontillon est une anse très courte, d’une trentaine de mètres, étroite, couverte de galets bruns. Les pins descendent presque jusqu’au rivage et offrent une ombre naturelle bienvenue en milieu de journée, ce qui reste rare sur la côte varoise.
L’eau y est d’une grande transparence, avec des teintes turquoise par temps calme. Le fond descend de manière progressive mais irrégulière, entre galets et rochers. Certaines zones sont relativement abritées de la houle. Les herbiers de posidonie, visibles un peu plus loin, attirent poulpes et sars : avec un masque et un tuba, la séance d’observation vaut largement celle de criques plus fréquentées.
Côté services, rien. Pas de poste de secours, pas de douche, pas de sanitaires, pas de buvette. La baignade n’est pas surveillée, ce qui implique de nager près du bord et de ne jamais partir seul vers la pointe.
Pointe de l’Escampobariou : plongée, bunkers et courants
La pointe qui prolonge la plage d’Escampo-Barriou est un spot de plongée connu des clubs de la rade. Le site décrit par les organismes touristiques régionaux s’étage entre 18 et 35 mètres. On y trouve des éboulis, un tombant marqué, des herbiers de posidonie et une cheminée que l’on traverse vers 18 mètres pour ressortir vers 12 mètres. Le niveau requis est au minimum le niveau 1 ou l’Open Water.
Deux mises en garde reviennent dans toutes les fiches. La première : le trafic de bateaux est soutenu entre Giens et Porquerolles, d’où l’importance d’une bouée de signalisation. La seconde : le lendemain d’un coup de mistral, des courants violents peuvent se former autour de la pointe. Dans ces conditions, il ne faut pas chercher à la contourner, ni en palmes ni à la nage.
À terre, le promontoire garde aussi des vestiges de la Seconde Guerre mondiale, notamment des bunkers visibles depuis le sentier. Ils ne sont pas aménagés pour la visite : on les regarde de l’extérieur, sans grimper sur les structures.
Les repères chiffrés de la plage d’Escampo-Barriou en 2026
Pour décider rapidement, voici les données essentielles réunies dans un seul tableau. Elles proviennent des fiches des offices de tourisme régionaux et des informations publiées par la métropole Toulon Provence Méditerranée, gestionnaire du sentier du littoral.
| Critère | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Commune | Hyères (83400), presqu’île de Giens |
| Autres noms | Plage du Pontillon, Escampobariou, Escampo Bariou |
| Longueur | Environ 30 mètres |
| Revêtement | Galets bruns, rochers |
| Accès | À pied uniquement, par le sentier du littoral depuis les Darboussières |
| Prix | Accès libre et gratuit |
| Ombre | Naturelle, sous la pinède |
| Surveillance | Aucune |
| Bus | Lignes 67 et 68 depuis le centre de Hyères |
| Plongée à la pointe | De 18 à 35 mètres, niveau 1 minimum |
Un point mérite d’être vérifié le jour même : l’ouverture du massif. Pendant l’été, la préfecture du Var publie chaque jour une carte du risque d’incendie, et le secteur peut être fermé au public en vigilance rouge ou noire. Le sentier côtier traversant la pinède, la plage devient alors inaccessible par voie terrestre.
Quand venir au Pontillon : saison, vent et chaleur
Juin et septembre restent les mois les plus agréables. L’eau est déjà ou encore chaude, la marche se fait sans écrasante chaleur et la crique reste calme. En juillet et en août, la fréquentation est modérée grâce à la difficulté d’accès, mais la petite taille de la plage fait qu’une poignée de serviettes suffit à la remplir. Arriver avant 10 heures change vraiment l’expérience.
Le vent est l’autre paramètre décisif. Le flanc ouest de Giens est exposé au mistral, qui lève la mer et refroidit l’eau en quelques heures. Par vent d’est, en revanche, la crique est souvent mieux protégée que les plages du versant oriental. Jeter un œil aux prévisions marines la veille évite de marcher pour rien.
Hors saison, la balade garde tout son intérêt : lumière rasante sur Porquerolles, sentier presque désert, pinède parfumée. La baignade devient simplement plus fraîche, et les bus moins fréquents.
Les pièges à éviter sur le sentier de l’Escampobariou
La plupart des déceptions viennent d’une préparation trop légère. Voici les erreurs que l’on croise le plus souvent :
- Partir en tongs. Le sentier alterne marches, racines et cailloux. Des chaussures de marche légères ou des sandales de randonnée s’imposent, puis des chaussures aquatiques pour entrer dans l’eau.
- Sous-estimer l’eau à emporter. Aucun point de ravitaillement n’existe sur place. Comptez au moins 1,5 litre par adulte en été.
- Charger le sac comme pour une plage aménagée. Glacière rigide, chaises et grand matériel deviennent vite pénibles dans les escaliers.
- Allumer un réchaud ou fumer dans la pinède. C’est interdit et dangereux, surtout par vent fort.
- Oublier de vérifier la carte incendie. Trouver le massif fermé après avoir trouvé une place de parking est une frustration fréquente.
- Nager vers la pointe par mer agitée. Les courants peuvent y être puissants, et personne ne surveille la zone.
- Laisser ses déchets. Aucune poubelle n’est installée sur la crique : tout ce qui descend doit remonter.
Concernant l’ombre, la pinède couvre une partie de la plage, mais pas toute la journée. Si vous tenez à un abri léger, un modèle compact comme le parasol de plage decathlon se glisse facilement sur le côté d’un sac à dos. Sur les galets, pensez à le caler avec des pierres plutôt que de forcer le pied.
Préserver un site naturel aussi fragile que la plage d’Escampo-Barriou
Le caractère sauvage du lieu tient à un équilibre précaire. Les herbiers de posidonie qui rendent l’eau si claire sont protégés : ils servent de nurserie à de nombreuses espèces et limitent l’érosion du rivage. Les plaisanciers qui mouillent devant la crique doivent donc jeter l’ancre sur le sable et respecter les règles de mouillage fixées par la préfecture maritime de la Méditerranée.
À terre, les talus sont sensibles au piétinement. Rester sur le tracé du sentier évite d’accélérer l’érosion et protège la végétation qui retient la falaise. Les feuilles de posidonie échouées sur les galets ne sont pas des déchets : elles protègent la plage des tempêtes et doivent rester en place.
D’autres plages sauvages pour prolonger l’envie de nature
Si les criques préservées vous attirent, d’autres côtes françaises offrent la même sensation d’isolement, avec des paysages très différents. Sur l’Atlantique, la presqu’île guérandaise compte par exemple pen bron, longue bande de sable entre océan et marais, à l’opposé exact des galets du Pontillon. Toujours en Loire-Atlantique, la plage de loscolo à Pénestin séduit par ses falaises colorées et son ambiance tranquille.
Plus près de la Méditerranée, côté Hérault, l’embouchure de l’Aude cache une plage de Vendres très calme qui mérite le détour si vous voyagez vers l’ouest. Pour en savoir plus sur ce secteur, découvrez le chichoulet et ses atouts méconnus. Et si votre prochain séjour mêle mer et mémoire, notre guide pour savoir ou dormir pour visiter les plages du debarquement vous aidera à choisir une base en Normandie.
Le Pontillon reste toutefois une expérience à part : peu de plages du Var demandent encore un vrai effort pour être atteintes, et c’est précisément ce qui en fait la valeur.
+La plage du Pontillon et la plage d’Escampo-Barriou sont-elles le même endroit ?
Oui. Les deux noms désignent la même petite crique de galets au sud-ouest de la presqu’île de Giens. On trouve aussi les graphies Escampobariou et Escampo Bariou, qui viennent de la pointe voisine.
+Combien de temps faut-il marcher depuis la plage des Darboussières ?
Comptez en général une demi-heure environ à rythme tranquille, un peu plus avec des enfants ou par forte chaleur. Le temps dépend surtout de l’état du sentier et des passages en escalier.
+Peut-on venir avec une poussette ou une personne à mobilité réduite ?
Non, ce n’est pas réaliste. Le chemin comporte des marches, des passages caillouteux et des portions étroites. Pour une sortie accessible, mieux vaut choisir une plage aménagée de Giens ou de l’Almanarre.
+Le sentier reste-t-il ouvert pendant les journées de canicule ?
Pas toujours. En été, l’accès au massif peut être fermé lorsque le risque d’incendie atteint le niveau rouge ou noir. Consultez la carte publiée chaque jour par la préfecture du Var avant de partir.
+La pointe de l’Escampobariou convient-elle à un plongeur débutant ?
Le site est jugé facile, mais il démarre vers 18 mètres. Il demande donc au minimum un niveau 1 ou un Open Water et se pratique avec un club, par mer calme, jamais au lendemain d’un fort mistral.


